Notre patrimoine commun

La région Provence-Alpes Côte d’Azur fait partie des régions de France métropolitaine les plus riches en termes de biodiversité, que celle-ci s’exprime en terme d’espèces, d’habitats, d’écosystèmes ou de paysages.

Du littoral méditerranéen aux somments alpins en passant par les vallées du Rhône et de la Durance, le territoire régional se caractérise par une forte diversité de relief, de substrat géologique et de climat. Cette combinaison d’éléments naturels et climatiques associée à une longue histoire d’interactions Homme-Nature explique la diversité des milieux naturels présents en région.

Les éléments présentés ci-dessous résultent de la synthèse du diagnostic partagé du territoire effectué dans le cadre de l’élaboration de la Stratégie globale en faveur de la biodiversité.

Cinq grandes entités géographiques se distinguent en région. Elles se caractérisent par une unité écologique et socio-économique.

La vallée du Rhône couvre la partie ouest des départements de Vaucluse et des Bouches-du-Rhône. Le relief y est peu prononcé et à l’exception de la Camargue, la présence de l’Homme marque les paysages avec une forte dominance de l’agriculture (arboriculture et maraichage, riz en Camargue et fourrage et arboriculture dans la plaine de la Crau). Le complexe pétro-chimique de Fos-sur-mer constitue le pôle industriel en région. La densité de population est élevée avec de grandes agglomérations comme Avignon et Arles.

Le littoral s’étend sur environ 900 Km et est essentiellement rocheux (exception faite de la Camargue). Les paysages présentent un caractére spectaculaire par endroits du fait du fort relief (Calanques de Marseille). La densité de population est la plus forte de la région et elle est encore plus accentuée en période estivale (forte fréquentation touristique). L’urbanisation de la bande littorale prédomine. Plusieurs archipels existent au large des côtes (îles d’Or, du lérins, Port-Cros etc.).

L’arrière pays littoral (Basse Provence) correspond à une zone fortement boisée (forêts de feuillus, chênes vert, chêne blanc, garrigues et maquis au niveau de la dépression permienne) marquée par la récurrence des incendies de plus ou moins grande amplitude. Il apparaît comme une zone en pleine mutation avec une régression des espaces à caractére de nature et des surfaces agricoles où la dynamique d’urbanisation y est forte. Elle s’explique par la saturation de la zone littorale et un report de la pression dans l’arrière pays littoral.

La Haute Provence (ou moyen pays) présente un relief significatif avec une couverture foretière dominante (apparition des peuplements de résineux) et la présence de surfaces agricoles. La densité de population reste modérée, et est concentrée le long de la vallée de la Durance, qui constitue le principal axe de communication.

La zone alpine se caractérise par un fort relief et correspond aux forêts de résineux et aux alpages. La densité de population est faible et l’économie est orientée vers le tourisme de montagne et le pastoralisme.

L’analyse de l’état de la connaissance sur la biodiversité en région, issue du diagnostic realisé au cours des ateliers de la stratégie régionale en faveur de la biodiversité, a fait ressortir les principaux éléments suivants.

  • un nombre important d’acteurs en région génère des informations sur la biodiversité
  • les informations à caractère naturaliste (présence/absence et dynamique spatio-temporelle des espèces et des habitats) restent majoritairement produites par des acteurs bénévoles et/ou du monde associatif
  • une forte dynamique de mise en commun des informations à caractère naturaliste avec, en particulier, le développement de la plateforme régionale des données naturalistes publiques (SILENE)
  • l’état des connaissances relatif à la distribution géographique des végétaux et animaux "supérieurs" (vertébrés et plantes vasculaires) est plutôt bon malgré une hétérogénéité de couverture géographique; mais cet état des connaissances est plus incomplet pour les végétaux et les animaux "inférieurs" (invertébrés et plantes non vasculaires)
  • la dynamique spatio-temporelle à l’échelle régionale de la plupart des espèces reste mal connue, les espèces à forte valeur patrmoniale sont quant à elles beaucoup mieux documentées que les espèces communes
  • les aspects fonctionnels de la biodiversité sont essentiellement traitées par le monde de la recherche, à ce niveau, un besoin fort d’agrégation et d’accessibilité à cette information est ressentie par les acteurs extérieurs à la recherche
  • la formation dans le domaine de la détermination taxonomique est perçue comme un des enjeux majeurs dans les années à venir avec le risque d’une perte définitive de savoir pour certains groupes biologiques pour lesquels les spécialistes sont peu nombreux et en fin d’activité.

Les principaux enjeux relatifs à la biodoversité régionale correspondent à:

  • la préservation de la biodiversité ordinaire par une meilleure intégration des mécanismes de conservation de la biodiversité dans les politiques sectorielles, notamment agricoles, urbanisme et d’infrastructures de communication
  • la construction d’un réseau fonctionnel d’aires protégées représentatif de la biodiversité régionale (terrestre et marine)
  • la conservation de la biodiversité patrimoniale particuliérement bien représentée en région Provence-Alpes Côte d’Azur